Une application mobile coûte plus cher qu'un site et touche directement le téléphone de vos clients : une erreur de cadrage se paie cher. Le cahier des charges est le document qui évite de payer deux fois la même fonctionnalité. Voici un modèle pensé spécifiquement pour une application, avec les points qu'un cahier des charges de site web ne couvre pas.
Si votre projet est un site, utilisez plutôt notre modèle de cahier des charges pour site web.
Ce qui change par rapport à un site web
- Les stores : l'application doit être acceptée par Google Play et l'App Store, qui ont leurs propres règles.
- Le téléphone : caméra, géolocalisation, notifications, mode hors ligne… chaque accès au matériel se conçoit et se teste.
- Les mises à jour : une fois installée, l'application ne se modifie pas d'un clic. Chaque nouvelle version repasse par les stores.
- Le serveur : presque toute application professionnelle a besoin d'un serveur et d'un back-office pour gérer ses données.
Le modèle : les 10 rubriques
1. Contexte et objectif
Pourquoi cette application ? Quel problème résout-elle, pour qui, et comment saurez-vous qu'elle réussit ? Exemple : « réduire de moitié les appels pour suivre une commande » ou « obtenir 1 000 commandes par mois via l'application ».
2. Les profils d'utilisateurs
Listez chaque type d'utilisateur et ce qu'il peut faire : client, livreur, vendeur, administrateur. Une application à plusieurs profils est beaucoup plus complexe qu'une application à profil unique : c'est souvent là que le budget double.
3. Les parcours principaux
Décrivez en quelques étapes les trois ou quatre parcours essentiels. Exemple : « le client ouvre l'application, choisit un plat, paie avec Wave, suit la livraison, note le livreur ». Ces parcours servent de base aux maquettes et aux tests.
4. Les fonctionnalités, par priorité
Classez chaque fonctionnalité en trois niveaux : indispensable pour la première version, importante pour la suivante, souhaitable plus tard. Une première version courte sort plus vite, coûte moins et vous apprend ce que vos utilisateurs veulent vraiment.
5. Le back-office
Qui gère les produits, les prix, les commandes, les utilisateurs ? Avec quels droits ? Faut-il des statistiques, des exports Excel ? Cette partie invisible pour le client représente souvent une grande part du travail.
6. Les paiements
Quels moyens de paiement (Wave, Orange Money, MTN MoMo, carte) ? Paiement à la commande ou à la livraison ? Remboursements ? Notez aussi que les achats de contenus numériques consommés dans l'application sont soumis aux règles de paiement des stores, contrairement aux biens physiques et aux services. Voir intégrer le paiement mobile.
7. Les fonctions du téléphone
Notifications, appareil photo, géolocalisation, contacts, fonctionnement hors ligne ou avec une connexion faible. En Côte d'Ivoire, prévoir un usage avec une connexion instable et sur des téléphones d'entrée de gamme est un vrai critère de succès.
8. Les données personnelles
Quelles données collectez-vous, pourquoi, et combien de temps les gardez-vous ? Une application qui traite des données personnelles doit respecter la loi ivoirienne sur la protection des données, sous le contrôle de l'ARTCI. Notre article sur les données personnelles en Côte d'Ivoire détaille ces obligations.
9. Plateformes et publication
Android seul, ou Android et iPhone ? Qui crée et possède les comptes développeur Google Play et Apple ? Exigez que les comptes soient au nom de votre entreprise : sinon, l'application ne vous appartient pas vraiment.
10. Budget, délais et maintenance
Une fourchette de budget, une date cible et vos attentes après la mise en ligne : corrections, mises à jour annuelles imposées par Android et iOS, hébergement du serveur. Pour situer votre budget, lisez combien coûte une application mobile en Côte d'Ivoire.
Exemple condensé : application de livraison de repas
| Rubrique | Contenu |
|---|---|
| Objectif | 1 000 commandes par mois en 6 mois, sur Abidjan |
| Profils | Client, restaurant partenaire, livreur, administrateur |
| Parcours clé | Choisir un plat, payer par Wave ou à la livraison, suivre le livreur |
| Indispensable (V1) | Catalogue, panier, paiement, suivi de commande, notifications |
| Plus tard | Programme de fidélité, notes des livreurs, code promo |
| Contraintes | Fonctionne en 3G, téléphones Android d'entrée de gamme |
| Plateformes | Android d'abord, iPhone en version 2 |
Les erreurs les plus coûteuses
- Vouloir tout dans la première version : c'est la première cause de dépassement de budget et de retard.
- Oublier le back-office : sans lui, chaque changement de prix passe par un développeur.
- Laisser les comptes des stores au prestataire : en cas de désaccord, vous perdez votre application.
- Ignorer l'après-lancement : une application non mise à jour finit par ne plus fonctionner sur les nouveaux téléphones.
Questions fréquentes
Faut-il des maquettes dans le cahier des charges ?
Ce n'est pas obligatoire. Des croquis sur papier ou des captures d'applications que vous aimez suffisent. Les maquettes détaillées sont généralement réalisées par le prestataire, après le cadrage.
Combien de pages doit faire un cahier des charges d'application ?
Entre quatre et dix pages pour la plupart des projets de PME. La clarté compte plus que la longueur.
Faut-il choisir la technologie dans le cahier des charges ?
Non : décrivez vos besoins et laissez le prestataire justifier son choix. Pour comprendre les options, lisez application native, Flutter ou PWA.
Qui est propriétaire du code de l'application ?
C'est à préciser par écrit dans le contrat. Demandez la remise du code source et des accès à la livraison.
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