Contrairement à des pays comme le Rwanda ou l'île Maurice, la Côte d'Ivoire ne dispose pas, à ce jour, d'une stratégie nationale d'intelligence artificielle formellement publiée et autonome. Cela ne signifie pas pour autant que le sujet est absent de l'agenda public : il s'inscrit progressivement dans un cadre numérique plus large, porté par plusieurs ministères et institutions.

Le ministère du Numérique et de la Digitalisation, pilote de la transformation

Le ministère en charge du Numérique et de la Digitalisation en Côte d'Ivoire porte les grandes orientations de la stratégie numérique nationale, dans laquelle l'intelligence artificielle apparaît de plus en plus comme un axe transversal, notamment autour de la modernisation de l'administration publique et de l'amélioration des services aux citoyens.

Le Plan National de Développement du Numérique

La Côte d'Ivoire s'appuie sur un plan national de développement du numérique qui structure les investissements en infrastructures, en formation et en gouvernance des données — des prérequis indispensables avant qu'une politique d'IA à proprement parler puisse être pleinement opérationnelle. La disponibilité de données de qualité, l'accès à internet haut débit et une base de compétences techniques formées localement sont en effet des conditions préalables à tout déploiement sérieux de l'IA à l'échelle d'un pays.

L'ARTCI et la régulation du numérique

L'Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d'Ivoire joue un rôle central dans la régulation de l'écosystème numérique national, notamment sur les questions de protection des données personnelles — un enjeu directement lié à tout déploiement futur de systèmes d'IA à grande échelle, en particulier dans des secteurs sensibles comme la santé ou les services financiers.

Des partenariats internationaux qui accélèrent la réflexion

La Côte d'Ivoire participe à plusieurs initiatives régionales et internationales sur la gouvernance du numérique et de l'IA, notamment dans le cadre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et de partenariats avec des organisations comme Smart Africa. Ces cadres régionaux permettent au pays de bénéficier de l'expérience d'autres États africains plus avancés sur le sujet, sans avoir à repartir de zéro.

Ce qui pourrait accélérer une stratégie formelle

Plusieurs facteurs pourraient accélérer l'adoption d'une politique nationale d'IA dédiée en Côte d'Ivoire : la pression concurrentielle d'autres pays de la sous-région qui avancent plus vite sur le sujet, la maturation de l'écosystème local de startups et de formation, et une demande croissante des acteurs économiques pour un cadre clair, notamment en matière de responsabilité et de protection des données dans les projets utilisant l'IA.

Questions fréquentes

La Côte d'Ivoire a-t-elle une loi spécifique sur l'intelligence artificielle ?

Non, il n'existe pas encore de loi ou de politique nationale dédiée spécifiquement à l'IA, mais le sujet s'intègre progressivement dans les orientations de la stratégie numérique nationale plus large.

Quel rôle joue l'ARTCI dans la gouvernance de l'IA ?

L'ARTCI régule les questions de télécommunications et de protection des données personnelles, un cadre directement pertinent pour tout futur déploiement à grande échelle de systèmes d'intelligence artificielle dans le pays.

La Côte d'Ivoire collabore-t-elle avec d'autres pays sur l'IA ?

Oui, notamment via des cadres régionaux comme la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et des partenariats avec des initiatives panafricaines comme Smart Africa.