La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et l'un des principaux exportateurs d'anacarde et d'hévéa au monde. Ces trois filières, qui font vivre plusieurs millions d'Ivoiriens directement ou indirectement, sont aussi confrontées à des défis structurels — vieillissement des vergers, maladies des cultures, volatilité des cours mondiaux — que l'intelligence artificielle commence à adresser, encore timidement mais de façon concrète.

Le cacao, filière la plus scrutée

Face à la menace du swollen shoot et d'autres maladies qui affectent les cacaoyers, des projets pilotes utilisent l'analyse d'images pour détecter précocement les signes de maladie sur les plants, permettant une intervention avant que la contamination ne se propage à l'ensemble d'une parcelle. Ces outils s'appuient sur des modèles de vision par ordinateur entraînés spécifiquement sur des images de cacaoyers ivoiriens, une nuance essentielle pour leur fiabilité sur le terrain.

La traçabilité, un enjeu commercial autant que technique

La demande internationale croissante pour un cacao « durable » et traçable pousse les exportateurs ivoiriens à investir dans des systèmes qui combinent géolocalisation des parcelles, suivi satellite de la déforestation et analyse de données pour certifier l'origine et les conditions de production du cacao. Ces exigences, notamment portées par la réglementation européenne sur les produits liés à la déforestation, transforment progressivement la traçabilité en un avantage compétitif pour les producteurs ivoiriens qui s'y conforment tôt.

L'anacarde, filière en forte croissance

La Côte d'Ivoire est devenue l'un des tout premiers producteurs mondiaux de noix de cajou, et cherche désormais à développer sa capacité de transformation locale plutôt que d'exporter la matière première brute. Des outils de prévision de rendement, croisant données météorologiques et historiques de production, commencent à être testés pour aider les coopératives à mieux planifier leurs capacités de transformation et de stockage.

L'hévéa et l'optimisation de la collecte

Pour la filière hévéa, également stratégique pour l'économie ivoirienne, des projets explorent l'usage de capteurs et d'algorithmes pour optimiser les tournées de collecte du latex, un poste logistique coûteux pour les exploitations de taille moyenne, en tenant compte de la production journalière réelle de chaque parcelle.

Un chantier qui reste au stade pilote

Malgré ces initiatives prometteuses, l'usage de l'IA en agriculture ivoirienne reste largement au stade de projets pilotes, souvent portés par des partenariats entre coopératives, ONG et acteurs privés, plutôt que déployé à grande échelle sur l'ensemble du territoire. La généralisation de ces outils dépendra en grande partie de l'accès des petits producteurs aux smartphones et à une connexion internet fiable, encore inégale selon les régions du pays.

Questions fréquentes

L'IA peut-elle aider à lutter contre les maladies du cacaoyer en Côte d'Ivoire ?

Oui, des outils de diagnostic par imagerie permettent de détecter précocement certains signes de maladie sur les plants, avant que la contamination ne se propage à l'ensemble d'une parcelle.

Pourquoi la traçabilité du cacao ivoirien devient-elle un enjeu technologique ?

Parce que la réglementation internationale, notamment européenne, exige de plus en plus une traçabilité précise de l'origine du cacao, ce qui pousse les exportateurs à investir dans des outils de géolocalisation et de suivi de la déforestation.

Ces outils sont-ils déjà accessibles à tous les producteurs ivoiriens ?

Pas encore à grande échelle : la majorité de ces projets restent au stade de pilotes, limités par l'accès inégal des petits producteurs aux smartphones et à une connexion internet fiable.